Trop de projets en même temps : pourquoi ta to-do list empire les choses (et quoi faire)

Ta to-do list te ment.

Elle peut contenir 300 choses. Sans visuel par rapport au temps, impossible de savoir si tu es vraiment surchargé(e) ou si c’est juste… la liste.

Imagine la scène. Il est 22h30. Tu regardes ta liste. Trente-deux items. Tu en as barré six aujourd’hui — tu aurais dû te sentir bien. Mais là, tu te demandes comment tu vas faire pour les vingt-six qui restent, plus les trois que tu as ajoutés en cours de journée. Et demain, tout recommence.

Ce n’est pas parce que tu travailles mal. C’est parce que ton outil te joue des tours.

Je le dis souvent dans mes formations : tu n’es peut-être pas assez organisé(e) pour tes besoins si tu as une to-do list et que tu as toujours l’impression de courir. Une liste peut contenir des milliers de choses à faire. Sans visuel par rapport au temps, il est impossible de savoir si tu es réellement surchargé(e) ou non. La charge paraît insurmontable, le stress monte — et pourtant, le problème c’est l’outil, pas la quantité de projets sur ta liste.

Voici ce que j’ai appris après des années à travailler avec des personnes qui jonglent avec beaucoup de projets à la fois.


1. Distingue ce qui est un projet de ce qui est une tâche

C’est la première chose que je fais travailler dans ma formation Gestion de projet, et c’est souvent une révélation.

Une tâche, c’est une action unique, claire, faisable en un bloc. « Envoyer le courriel à Sophie. » Fait.

Un projet, c’est une série de tâches distinctes avec un début et une fin, qui nécessitent généralement d’être réalisées dans un ordre précis. « Lancer ma formation en ligne » n’est pas une tâche — c’est un projet de vingt étapes minimum.

Le problème ? On met les deux dans la même liste. Et quand « lancer ma formation » reste sur ta to-do depuis trois semaines sans bouger, tu conclus que tu procrastines. Alors que ce n’est pas de la procrastination — c’est que le chemin n’est pas clair. Tant qu’on n’a pas découpé le projet en vraies tâches réalisables, l’action ne peut pas commencer.

L’exercice concret : prends ta liste cette semaine et mets un P à côté de tout ce qui est en réalité un projet déguisé en tâche. Tu vas probablement réaliser que la moitié de ce qui t’écrase n’a pas sa place sur une to-do — ça a besoin d’une planification.


2. Donne une priorité à chaque projet — et arrête de tout traiter comme urgent

Dans ma méthode MEP, je classe le temps de vie en cinq composantes : les récurrents, les projets, les surprises, le silence, et le bruit. La plupart de ceux et celles qui se noient dans leurs projets ont le même problème : tout est dans la case « à faire » sans aucun rapport au temps.

Ton cerveau ne peut pas porter dix projets simultanément sans que ça coûte quelque chose. Si tu as cinq projets importants et quinze actions pour chacun, ta liste devient un casse-tête à analyser chaque matin. Résultat ? Quand tu as moins d’énergie, tu fais les tâches les plus faciles — pas les plus importantes. Et ce que ça coûte, c’est la charge mentale de toujours devoir trier et te rappeler ce qui compte vraiment.

Voici la structure que j’utilise :

  • Liste de projets
  • Priorité des projets
  • Liste des actions à faire cette semaine
  • Ces actions placées directement dans l’agenda, avec le temps pour les compléter

La résistance que j’entends toujours : « Mais je sais pas si j’aurai une urgence ou quand j’aurai envie de faire cette tâche. » Ma réponse : pas de problème — tu peux jouer au Tetris et déplacer. Mais si tu déplaces, tu t’engages à le faire quand même cette semaine. Et pour que le Tetris fonctionne, il ne faut pas planifier 100 % de son temps — justement parce que la vie est faite de surprises. On focus sur l’essentiel – ce qui a de la valeur pour avancer véritablement les projets cette semaine !


3. Bloque du Silence dans ton agenda — avant d’accepter quoi que ce soit d’autre

Une des composantes de la vie que j’enseigne s’appelle le Silence. Ce n’est pas du repos — c’est du temps protégé pour avancer sur ce qui compte vraiment, sans interruption.

La règle que j’applique moi-même : tout doit être dans l’agenda. Pas seulement les réunions et les rendez-vous. Les plages de travail sur tes projets actifs, comme expliqué plus haut, mais aussi les éléments importants de ta routine. Yoga, marche, pause, lunch — c’est une charge aussi, et elle n’est probablement pas dans ta to-do list. Du coup tu te dis : « J’irai au yoga après avoir fini ma liste. » Et tu sais quoi ? La liste, elle ne finit jamais de s’allonger. Les moments pour toi doivent être protégés et mis à l’agenda, sinon ils se font gruger par les urgences, les courriels, les demandes de dernière minute.

Quand j’écrivais Le Manager est un Voyageur du Temps, j’avais une règle simple : le samedi matin de 8h à 11h appartenait au livre. Bloqué. Non négociable. Peu importe ce qui était arrivé pendant la semaine. C’est ce bloc de Silence qui a permis au livre d’exister.

Tes moments de silence ont besoin du même traitement. Pas une intention vague — une plage dans ton calendrier, cette semaine, pour faire ce qui est important pour toi, pas pour répondre aux demandes des autres.

L’exercice : ouvre ton agenda maintenant. Place tes routines importantes — j’appelle ça un agenda de base. Bloque-les pour voir la vraie charge de ta vie. Maintenant c’est réel. Et tu vois combien de temps tu as vraiment pour tes projets.


Conclusion

Avoir trop de projets n’est pas un signe que tu t’es trompé(e) de chemin. C’est souvent le signe que tu as grandi — tes responsabilités et tes ambitions ont dépassé le système que tu utilisais il y a deux ans.

La bonne nouvelle : ce n’est pas une question de volonté. C’est une question de structure. Et la structure, ça s’apprend.

Si tu sens que c’est exactement là où tu en es — trop de projets, charge mentale constante, sentiment de ne jamais vraiment avancer — je t’invite à faire le test.

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