Quelle est la différence entre la faute et la responsabilité ?

Certaines personnes ne font pas la différence entre la faute et la responsabilité. Lorsque l’on rencontre des problèmes dans un projet, il arrive fréquemment de rejeter la faute sur la personne responsable. Et pourtant, ce n’est pas la solution, car être responsable d’un projet, d’une équipe, d’un processus ou d’un département n’implique pas forcément que vous soyez la source du problème. Par contre, en tant que responsable du projet, votre devoir sera de trouver des solutions, même si ce n’est pas vous qui avez créé le problème.

Formulé de cette façon, cela vous parait peut-être évident, mais je peux vous garantir que ça ne l’est pas toujours, pour tout le monde. Il arrive même que certains responsables de projet préfèrent  ne pas résoudre le problème puisqu’ils n’en sont pas à la source. Ils vont même jusqu’à cacher la situation. Si cela n’est pas de leur faute alors pourquoi en prendraient-ils la responsabilité ? Et s’ils en prennent la responsabilité, cela insinuerait-il qu’ils ont fait une erreur et que la situation est de leur faute ? Et pourtant même si ce n’est pas leur faute, il sera de leur responsabilité de trouver une solution.

Trois exemples entre la faute et la responsabilité

1. Confusion des processus entre les départements

Est-ce ma faute si le directeur du département connexe au mien ne m’a pas impliqué dans la mise en place, au sein de son équipe, d’un processus qui ressemble au processus déjà mis en place dans mon département ? Le problème est que ces deux processus parallèles créent de la confusion pour tous les autres départements. Mais honnêtement, aucun des deux directeurs ne pouvait présager la confusion, ou même imaginer que nos départements auraient besoin d’un processus semblable.

Peut-on quand même dire que c’est notre faute ? Aurions-nous dû tout savoir sur l’autre département afin d’éviter ce genre de situation ? Est-ce la faute de l’exécutif responsable de ces deux départements ? Aurait-il dû voir la similarité et demander la mise en place un processus plus large?  Est-il possible que personne n’ait eu une vue complète de la situation avant de commencer ?

Mais maintenant que le problème existe, que l’on peut constater la confusion, est-ce notre responsabilité de régler la situation ? C’est sans équivoque, oui, c’est notre devoir d’arrimer les processus les uns avec les autres lorsqu’il y a interaction.

2. Changements liés à la croissance de l’entreprise

Lorsque l’entreprise grandit, les besoins changent. En cours de route, il y a souvent un nombre grandissant de demandes par rapport à la capacité de l’équipe. Lorsque de nouvelles tâches apparaissent, pour bien faire et parce que vous voulez aider, vous prenez la balle au bond. Jusqu’au jour où ces balles deviennent impossibles à gérer avec l’ensemble des tâches initiales dont vous êtes responsables. Vous indiquez alors à votre patron que vous avez besoin d’aide.

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Est-ce la faute de votre patron de ne pas avoir anticipé cette charge de travail et de ne pas avoir prévu à l’avance le développement de l’entreprise, peut-être ? Est-ce vous, qui en décidant d’aider, avez finalement caché la problématique ?

Est-il réaliste de penser qu’une personne puisse à elle seule avoir assez de visibilité et de capacité à lire correctement un futur incertain ? C’est irréaliste !

Par contre, il est clair que c’est à vous de partager les plus d’information avec votre gestionnaire pour qu’il puisse restructurer le groupe afin d’améliorer la situation pour l’équipe.

3. Changements provoqués lors d’un rachat

Lors d’un rachat d’entreprise, il se peut que plusieurs postes et départements deviennent redondants. Habituellement les postes et les départements qui semblent semblables sont coupés, mais dans ce processus il arrive qu’une tâche ou une fonction disparaisse. Cela est lié au fait que les rôles et responsabilités n’étaient pas parfaitement définis, même si l’on avait l’impression qu’ils l’étaient. Les deux parties impliquées n’ont pas toujours le même vocabulaire au départ de la fusion ce qui fait que les responsabilités sont partiellement comprises.

Mais de qui est-ce la faute si le vocabulaire n’est pas le même ou si la définition des rôles n’est pas claire ? Est-il réaliste de penser que lors de la fusion tout sera parfait et que tout le monde va réussir à s’entendre et communiquer parfaitement ? Je ne pense pas.

Par contre, est-ce la responsabilité des managers d’être à l’écoute et d’améliorer constamment la situation, oui !

Faut-il toujours trouver un fautif ?

Avant de continuer, j’aimerais prendre le temps de dire qu’il est possible que certaines situations soient, sans doute possible, de votre faute. Par exemple vous oubliez d’envoyer un email important à votre client, alors que vous savez que cette tâche est la vôtre. Dans ce cas vous savez que c’est votre faute et que vous avez la responsabilité d’y remédier.

Par contre, lorsque la situation est complexe, que le nombre d’intervenants est important et que la quantité d’information devient impossible à gérer parfaitement, l’origine de la faute devient très difficile à déterminer. Et honnêtement, ce n’est pas important ! Il s’agit dans ces situations d’un ensemble de facteurs parfois impossibles à anticiper, planifier ou organiser.

Dans ce genre de situation complexe, le problème, si vous décider de prendre le blâme, est que vous n’aiderez peut-être pas à corriger la situation, car :

  • Vous pourriez empêcher les autres intervenants de penser qu’ils ont une part de responsabilité dans la recherche de solutions avec vous,
  • Vous pourriez penser qu’il vous faut trouver une solution par vous-même alors que le problème nécessite une collaboration pour trouver une solution.

De plus, le fardeau de la faute peut :

    • Vous miner et vous coûter cher en énergie. Cette énergie précieuse que vous devriez garder pour trouver une solution.
    • Vous pousser à être en mode défense et peut-être même vous poussez à nier le problème et la situation problématique.

Comment dissocier la faute et la responsabilité ?

À l’impossible nul n’est tenu, soyez réaliste envisagez l’impossible ! L’expression viendrait d’un adage juridique en latin : ad impossibile nemo tenetur. Personne ne peut avoir l’obligation de réaliser un acte si celui-ci n’est pas réalisable. *

Il y a quelques éléments qui peuvent vous permettre d’accepter la responsabilité sans vous culpabiliser et sans prendre la situation à un niveau personnel :

  1. Ne prenez pas les informations disponibles aujourd’hui comme des informations que vous auriez dû connaitre avant de commencer. L’état actuel n’est pas l’état initial. Il est facile de prendre des décisions après coup et de se dire qu’on aurait pu faire mieux. Apprenez de la situation et passez à la prochaine étape.
  2. Prenez le temps d’observer ce qui a changé entre l’état initial et l’état actuel. Est-ce le type de travail, les intervenants, les types de clients, le marché, l’économie, la compétition… ? Parfois, les facteurs extérieurs ont beaucoup d’impact et ils étaient imprévisibles. Peut-être pourrez-vous les suivre dans le futur ?
  3. Demandez-vous si la responsabilité vous incombe entièrement ou si elle touche un ensemble de personnes ? Est-ce que les actions correspondent à votre niveau d’autorité ? Parfois vous aurez un rôle clé à jouer pour trouver la solution, mais la responsabilité finale reviendra à votre gestionnaire afin d’aligner l’ensemble des intervenants, dont vous.
  4. Vérifiez si vous êtes la première personne à rencontrer ce problème. Est-ce que d’autres personnes ou départements ont déjà dû y faire face ? Ces deux questions vont vous permettre de déterminer qui a la responsabilité de mettre en place la solution, au bon niveau d’échelle.

Dès que vous aurez fait cette analyse, il devrait être plus facile de prendre des décisions et de faire les bonnes actions pour corriger la situation.

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Conclusion

Il faut apprendre à savoir quand prendre le blâme et la responsabilité d’un problème et quand ne prendre que la responsabilité.

Il y a une bonne différence entre les deux, car le champ d’action est bien différent.

Et n’oubliez pas. À l’impossible nul n’est tenu.

Hier, il était impossible de savoir, mais aujourd’hui cet impossible devient possible avec les nouvelles informations. Alors, il est temps d’être responsable et trouver la solution.

Encore une fois la clé c’est le temps Winking smile !

reference:

* https://fr.wiktionary.org/wiki/%C3%A0_l%E2%80%99impossible_nul_n%E2%80%99est_tenu

Photo by Victor Garcia on Unsplash

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2 Comments


Vincent
at
Reply

Intéressant de prendre le temps de réfléchir à ce sujet.
Pour ma part, j’aime beaucoup plus prendre la responsabilité à tout moment. Cela me permet de réfléchir à des solutions et d’être créatif.


    admin
    at
    Reply

    Super, le plus important c’est de prendre la responsabilité d’améliorer la situation si besoin est. Merci de le faire.

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