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A quel moment devient-on trop gentil ?

Vous êtes vous déjà demandé à quel moment devient-on trop gentil ? Et plus particulièrement dans le milieu professionnel. Il n’y a pas de bonne ou de mauvaise réponse tout dépend de l’environnement dans lequel vous êtes et des valeurs que vous avez. Par contre, pensez à l’impact que cela peut avoir. Se pourrait-il que vous soyez parfois trop gentil et que la trop grande confiance que vous accordez n’aide pas la situation ?

Personnellement, j’ai fait l’erreur de croire que tous mes collègues avaient comme seule motivation le bien de l’entreprise, que la meilleure façon de réussir passait par l’entraide et la collaboration. Je pensais aussi qu’il était impossible qu’une personne soit motivée par d’autres intentions et que le meilleur moyen de bâtir la confiance dans un groupe était d’offrir sa confiance continuellement. J’avais aussi bien tort que raison. Lorsqu’une personne ne se montre pas digne de confiance, devrions-nous lui accorder la notre quand même, et pourquoi ?

Tout ce questionnement m’a amené à comprendre que la meilleure façon de bâtir la confiance dans un groupe n’est pas simplement de faire confiance à tout prix et en tout temps, mais de faire confiance au bon moment. J’ai pu élargir mes horizons grâce au simulateur suivant : The evolution of trust.

L’évolution de la confiance

Le simulateur L’évolution de la confiance s’inspire de la théorie des jeux et du dilemme du prisonnier. Il propose une réflexion sur l’éthique de réciprocité. Ce jeu se base sur l’ouvrage de Robert Axelrod publié en 1984, The Evolution of Cooperation.

Bien que la théorie des jeux soit limitée et avec des règles fixées à l’avance, elle aide à comprendre des tendances et faire comprendre les dynamiques. Vous comprendrez aussi grâce à ce jeu (L’évolution de la confiance) qu’il y a plusieurs paramètres à prendre en considération et que de faire confiance aveuglément n’est pas toujours la solution pour bâtir la confiance au sein d’un groupe.

Si vous avez 30 min, je vous conseille d’aller jouer et d’en tirer vos propres conclusions. Je serais ravie de lire vos commentaires sur le sujet.  Mais si vous n’avez pas le temps pour le moment, voici un petit résumé du jeu ci-dessous.

Description du jeu

Vous jouez contre un autre joueur, vous devez placer une pièce dans une machine. Deux options s’offrent à vous, soit vous :

1 — Coopérez et mettez la pièce
2 — Trichez et ne mettez pas la pièce.

Les personnes qui ont lu cet article ont aussi lu :   Comment travailler plus vite ?

Si vous décidez tous les deux de mettre la pièce, la situation est gagnant-gagnant, vous gagnez chacun deux points +2/+2. Si l’un des deux triche, il marquera plus de points que l’adversaire qui coopère. Le résultat sera de +3/-1. Mais si les deux trichent, ils perdent tous les deux et le résultat sera de 0/0.

 

Le jeu met en scène les conditions de la confiance dans l’interaction entre différents personnages obéissant à des comportements précis, et qui réagissent en fonction des actions du joueur adverse.

Pendant le jeu, vous découvrirez plusieurs personnages (voir ci-dessous) et vous pourrez les voir évoluer dans plusieurs environnements. Par exemple, que ce passe-t-il si 95 % de la population coopère et que seul un faible pourcentage triche ?

 

(J’étais avant d’avoir joué au jeu le personnage rose)

En cours de jeu, vous pouvez faire évoluer les règles, les environnements et les situations. Par exemple — la coopération pourrait permettre de gagner plus que +2/+2, vous pourriez choisir +3/+3 ou vous pourriez définir que la tricherie pénalise –1/0 au lieu de +3/-1.

Résumé du jeu de l’évolution de la confiance

Si vous avez bien observé les paramètres et des types de comportements du jeu, vous comprenez qu’être une personne qui coopère à 100 % ne fonctionne que dans un environnement ou tout le monde est 100 % coopératif.

Ma nature première qui est de montrer l’exemple et de toujours coopérer ne fonctionne que dans certaines situations et seulement en début de relation. Dès que vous êtes confronté à un joueur qui triche et ne coopère pas il faut ajuster votre jeu.

Voici aussi d’autres apprentissages que vous pouvez découvrir grâce à ce jeu :

1. Des interactions répétées

La confiance permet à une relation de perdurer, pour bâtir cette confiance, vous aurez besoin de vérifier qu’il y aura d’autres collaborations positives dans le futur avant que la confiance ne se développe.

Donc avant de donner votre confiance, il vous faudra jouer quelques tours et voir si votre partenaire est digne de confiance. Commencer par la coopération est une bonne façon d’amorcer une belle relation. Si vous constatez que la coopération n’est pas réciproque, alors changez de tactique. Encore une fois la clé c’est le temps, il faut apprendre du passé et s’ajuster, être en mouvement !

2. Possibilité gagnant-gagnant

Pour que la confiance s’installe, il faut dans la relation des situations ou les interactions qui soient gagnantes-gagnantes, des interactions où les deux parties ont retiré quelque chose de l’échange.

3. Accepter que l’erreur soit humaine

Personne n’est parfait et notre interprétation des situations non plus. Pour construire, un monde de coopération ou la confiance règne, il faut prendre le temps de communiquer dès que vous sentez de la non-coopération afin de vérifier si la « traîtrise » était réellement intentionnelle.

Malheureusement, si le niveau d’erreurs de communication est trop élevé, la confiance va disparaître. Mais si le nombre d’erreurs de communication est faible, il sera important d’être plus indulgent.

En tant que Manager

En tant que manager vous avez besoin qu’un climat de coopération et de confiance s’installe rapidement dans vos équipes. Le plus simple pour y arriver est de jouer avec les paramètres mentionnés plus haut.

  1. Dès que vous détectez une traîtrise ou de la non-coopération entre collègues, faites-en sorte qu’elle soit pénalisante pour les deux intervenants,
  2. Encouragez la coopération, stimulez-la. Dites merci lorsque vous la remarquez, reconnaissez-la
  3. Récompensez le travail d’équipe,
  4. Stimulez la communication entre les membres de votre équipe pour s’assurer qu’il n’y ait pas de malentendu entre eux.
  5. Créez des situations qui favorisent la collaboration de votre équipe pour développer leur relation et bâtir plus rapidement la confiance entre eux. C’est grâce à la répétition que la confiance se bâtit.

Si en tant que leader, vous souhaitez travailler en ce sens, je vous propose de lire (ou relire) cet article : Comment développer une équipe parfaite ? 

Les personnes qui ont lu cet article ont aussi lu :   Êtes-vous du type développeur de stratégies en gestion?

Conclusion

En conclusion, ne faites pas comme moi, ne soyez pas toujours gentil, peu importe que vous pensiez montrer l’exemple. Ajustez votre comportement à la situation pour éviter que certains comportements négatifs ne soient renforcés malgré vous. Soyez clairs dans vos intentions, vos communications et encouragez les comportements que vous trouvez appropriés dans votre équipe.

Photo by Bernard Hermant on Unsplash 

Credit image https://ncase.me/trust/

5 réponses

  1. Très intéressant cet article ! Si je comprends bien, il faut rester réceptif au comportement de l’autre, agir de la bonne façon et au bon moment..? Ce que j’en tire, c’est que les relations ne sont pas figées et que comme tout, elles sont en mouvement. C’est du boulot tout ça ! Merci pour ces infos 🙂

    1. exactement, il faut s’ajuster selon l’environnement et le bon moment.

  2. Bonjour, merci pour ce bel article avec en plus l’explication du jeu.

    Dans lon cas, après 20 années en entreprise, je trouve que la coopération est cruelle.
    J’ai beaucoup été trahi car aussi un peu trop gentil.
    En particulier ayant travaillé dans une entreprise japonaise, les règles sont strictes et l’humiliation une norme ;-(. Mais notre cuir devient plus résistant et j’ai énormément gagné en resilience et dans mon état d’esprit qui relativise davantage… ce qui ne tue pas nous rend plus fort !! Du coup je suis devenu plus “simple” et minimaliste (voir mon blog : https://zero-concierge.com). Le point commun est le DETACHEMENT. Plus grand chose ne nous touche, on devient lisse et plus indifférent. Un ancien président de la République disait que la plus grande qualité d’un président devrait être l’indifférence…A méditer, merci !!

    Philippe

    1. Isabelle dit :

      Effectivement, je ne parle pas des effets secondaires d’être coopératif de nature, on en prend des coups c’est certain. Il y a plusieurs moyens de répondre à ces coups, le détachement et l’indifférence sont des solutions qui sont selon moi incomplètes. En tant que leader, on peut être détaché d’une situation, et rester impliqué à vouloir changer l’environnement. Étant leaders et ayant un impact sur nos équipes nous avons la chance d’influencer les règles du jeu. Par contre, si tous sont des requins et bien il est mieux de changer d’entreprise, le jeu le dit bien surtout si vous n’êtes pas un requin vous-mêmes, vous n’aurez pas de chance de survie. (c’est ce que je comprends que tu as fait – Good !)

  3. Article très intéressant et très bien illustré ! Merci 🙂
    C’est un atout d’avoir conscience des jeux qui se mettent en place dans une équipe. Il y a aussi la difficulté de discerner ce qui se passe. On n’a pas toujours conscience de ce qui se trame car on n’a pas toute la vision de la situation. On le découvre souvent par les conséquences a posteriori. En tout état de cause, mieux vaut être un manager averti et tenter de mettre en place les bons rouages dès le départ 😉

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