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Comment oser dire ce que l’on pense ?

dire ce que l'on pense

Dans la vie personnelle comme professionnelle, il n’est pas toujours facile d’oser dire ce qu’on pense, d’exprimer ses opinions, d’affirmer sa position et d’asseoir son autorité. Vous pourriez avoir peur de choquer, déranger, ou vous pourriez aussi penser que ce n’est pas à vous de le faire. Et pourtant, le travail d’équipe comme la vie en société ont besoin de ces pensées et ces opinions pour évoluer, pour avancer. Le mouvement c’est la vie, tout le monde sait que l’on ne va nulle part en faisant du surplace. D’ailleurs, au point de vue professionnel, l’un des risques de ne pas partager vos idées est de freiner le développement de votre équipe alors, que faut-il faire pour se lancer et éviter cette situation ? Voici quelques étapes à franchir afin de développer votre capacité à vous exprimer.

1. Prendre du recul

Avant de s’exprimer, il faut prendre le temps d’identifier ce que vous voulez dire. Si votre patron vous parle d’une nouvelle stratégie à mettre en place ou d’un nouvel objectif à atteindre rapidement, vous pourriez avoir un sentiment d’irritation. Vous savez que votre équipe est déjà surchargée, alors comment allez vous vous organiser pour en faire plus ? Vous sentez clairement que cette demande vous irrite et que votre frustration devient de plus en plus grande au fur et à mesure que votre patron vous parle. Cette irritation est ce que j’appelle un trésor. Mais que faire de ce trésor ? Vous pouvez rester frustré ou vous pouvez prendre le temps d’explorer ce que le trésor contient. La première étape est donc de prendre du recul et de comprendre ce que l’on ressent.

Une émotion est un signal, mais ce signal est encore trop brut pour prendre une action concrète, et surtout pour l’exprimer clairement. C’est pour cette raison qu’il est essentiel de prendre du recul et de regarder ce que votre trésor (émotion) contient. Habituellement, une émotion survient à la suite de :

  • Un besoin non comblé,
  • une valeur ébranlée.

 Il peut être difficile de faire votre analyse rapidement, pendant la rencontre, si c’est le cas, prenez une pause et sortez de la situation/rencontre pour être en mesure d’y réfléchir. Si la conversation vous perturbe au point que votre pouls passe au-dessus de 100 pulsations minute, je vous suggère d’attendre avant de vous exprimer, car cela signifie que vous n’êtes pas en état d’analyser votre trésor et le message qui pourrait être livré ne serait pas le bon.

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2. Affirmer votre position sans risque

Une fois que vous avez pris du recul, votre pensée devrait être plus claire et plus facilement exprimable, mais avant de vous lancer et de l’exprimer, il y a deux aspects importants à prendre en considération :

  1. La définition de votre opinion,
  2. Le point de vue de votre interlocuteur

La définition de l’opinion

Une opinion selon le Larousse est un jugement, un avis, un sentiment qu’un individu ou un groupe émet sur un sujet ou des faits. C’est ce qu’il en pense. Il ne s’agit donc en aucun cas d’un absolu ou d’une vérité fondamentale. Alors avant d’exprimer votre opinion, vous devez être conscient qu’il ne s’agit que d’un avis et qu’il est possible de le faire évoluer. Une opinion tranchée risque davantage d’être mal reçue qu’une opinion qui peut potentiellement évoluer.

Soyez donc clair sur le fait que ce que vous dites n’est qu’une opinion (la vôtre) et non un absolu. Il sera donc plus facile pour votre ou vos interlocuteurs de bouger/danser avec vous et votre idée/pensée.

Le point de vue de votre interlocuteur

Avant d’exprimer votre pensée, il faut savoir aussi tenir compte du point de vue de la personne à qui vous vous adressez. Vous devez essayer de positionner votre histoire en fonction de l’état actuel de votre interlocuteur.

Exprimer son point de vue

Par exemple, sur la photo ci-dessus, vous et votre interlocuteur pourriez être l’une des personnes sur les bateaux, ou l’une des personnes sur la plage à droite ou encore dans l’une des montagnes à faire de l’escalade ou en train de marcher dans la forêt. Si l’objectif final est de vous rendre en haut de la montagne, la façon d’y arriver sera différente selon votre position. Alors lorsque vous partagez votre opinion, pensez à partir d’un point de vue commun, et à prendre le plus possible le point de vue de l’autre en considération.

3. Créer du mouvement — construire

Vous pourriez avoir l’impression que si votre interlocuteur ne s’est pas encore rallié à votre point de vue, vous avez échoué. Vous pourriez même être tenté d’abandonner vos idées, puisque l’autre n’y a pas complètement adhéré. Certains pensent que les idées doivent être comprises et acceptées à 100 % pour avoir un impact. Mais c’est une erreur, la vie avec les autres se constitue d’un ensemble d’échanges et non d’une seule conversation. Il est donc plus sain et constructif d’apprécier les pas faits par vos interlocuteurs vers vous que l’état final. De plus, votre interlocuteur n’est pas le seul à pouvoir se déplacer, vous aussi vous pouvez bouger.

Prenez donc le temps de comprendre la position de l’autre, pour ensuite générer du mouvement favorisant vos idées, mais rappelez-vous qu’il ne s’agit que d’opinions et que rien n’est absolu.

Si vos idées sont très divergentes des autres, ne vous entêtez pas à obtenir 100 % d’adhésion dès la première discussion. Il est plus important de faire des petits pas de garder le mouvement que de s’obstiner avec rigidité.

4. Que faire si vous blessez

Lorsque vous exprimez une opinion, une idée, il peut arriver qu’un de vos interlocuteurs soit :

  • Irrité,
  • agacé,
  • menacé,
  • confus,
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Si c’est le cas, c’est qu’il vient lui aussi de trouver un trésor. Il faudrait donc lui laisser le temps d’assimiler l’information. Pour l’aider, vous pouvez :

  • Donner de l’empathie et de l’écoute
  • Écouter son point de vue
    • Vous pourriez avoir mal analysé le point de départ lorsque vous avez partagé votre idée
    • Soyez attentif à éviter les sauts quantiques
  • Éviter d’insister, il est plus judicieux de faire une pause, de jouer avec la vitesse et de reprendre la discussion plus tard si nécessaire. Permettez à votre interlocuteur de digérer l’information.

Si vous remarquez qu’il s’est senti attaqué, incompris, manipulé, attaqué ,ou autre, n’attendez pas et excusez-vous tout simplement.

Vous ne pouvez pas deviner à l’avance les sentiments que votre opinion pourrait générer, par contre, dès que vous percevez des réactions un tant soit peu négatives, vous devez agir pour ne pas laisser la situation s’enliser.

5. Poser des limites

Pour avancer en équipe, exprimer votre opinion et vos idées est important, mais il faut savoir aussi exprimer les limites dans lesquelles vous et vos collègues êtes confortables de travailler.

Vous devez encourager les membres de votre équipe à partager leurs limites. Par exemple, si l’un d’entre eux a besoin de pauses régulières pour fonctionner, calmer son anxiété, il doit le dire. Si l’un d’entre eux a la phobie de parler en public ou ne sait pas comment faire une tâche en particulier, il faut que vous le sachiez afin de ne pas faire de faux pas. En tant que gestionnaire, vous avez la responsabilité de poser vos limites et de mettre au clair ce qui est possible et ce qui ne l’est pas.

Cette semaine, pensez donc à ces limites que vous avez et demandez-vous si vous avez pris le temps de les partager avec votre équipe. Dans mon cas, depuis ma commotion cérébrale, mon accident de vélo de montagne j’ai plus facilement réussi à les identifier. Si je ne prends pas de pauses régulièrement je peux rapidement avoir mal à la tête ce qui fait que j’ai moins d’énergie pour fonctionner. Connaissant cette limite, je bloque du temps dans mon agenda à l’avance pour me protéger.

Le risque d’imposer son opinion

Il est parfois tentant d’imposer son opinion et ses idées aux autres. Vous pourriez estimer que vous avez plus d’expérience et que donc vous savez mieux. Mais attention, agir de cette façon vous donne une fausse impression de vitesse. Car en fait, imposer son opinion, c’est comme préparer un sandwich à votre interlocuteur et l’obliger à l’avaler en une seule fois. Vous pourriez penser que c’est une bonne chose puisque comme cela il aura mangé, mais il risque surtout de s’étouffer avec le sandwich et de le recracher, car il n’est pas prêt. Si vous vérifiez ce qu’il aime manger et que vous lui donnez des petites bouchées, cela devrait être plus facile. Alors, pensez-y a deux fois avant d’imposer vos idées !

Photo by Dollar Gill & Pietro De Grandi on Unsplash

2 réponses

  1. Merci pour ton article complet, et qui nous donne toutes les méthodes pour dire du manière posée ce qu’on pense ! Selon moi tout dépend de la personne à qui on s’adresse ! Il y a des personnes hypersensible et d’autres trop sûr d’elles! Merci pour ton article complet je prendrai en compte pour ma part surtout la prise de recul ! 🙂🙂

  2. Merci pour cet article, complet et pragmatique. J’ai beaucoup aimé l’image du point de vue : c’est vrai que selon où on se trouve et le but qu’on souhaite atteindre, il ne faut pas du tout engager les choses de la même manière!

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