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Être professionnel, humain ou robot ?

Avez-vous, comme moi, parfois le sentiment que pour être professionnel au travail, il faudrait être des robots, ne ressentir aucune émotion ?  Ce sentiment peut surgir après certains commentaires de votre patron ou encore de vos collègues. Un commentaire vous encourageant à ne pas montrer vos émotions en meeting, ou encore à prendre de décisions non pas en vous basant sur votre instinct, mais plutôt en vous appuyant que sur des faits. Et pourtant, si vous regardez ce qui se dit sur le comportement à avoir en entreprise aussi bien sur le web que dans la littérature, peu d’articles mentionnent l’aspect émotionnel ou l’utilisation de l’instinct. Ces articles font plutôt référence à un ensemble de qualités humaines comme:

  • Être bien soigné et s’habiller de façon convenable,
  • Respecter les modèles culturels de notre entreprise,
  • Être ponctuel et fiable,
  • Garder une attitude positive,
  • Savoir communiquer,
  • Avoir une écoute active et savoir tenir compte des rétroactions de ses collègues,
  • Éviter les commérages,
  • Soutenir ses collègues,
  • Être aimable et respectueux envers ses collègues.

Alors pourquoi les émotions au travail créent un malaise. Il semble difficile de les recevoir et difficile de les partager.

Selon moi, une qualité fondamentale qui est rarement mise en avant pour être un excellent professionnel, c’est de tendre vers la meilleure version de l’humain que l’on puisse être. Et le propre de l’humain est de vivre et partager ses émotions. Il faut donc percevoir ces réactions émotionnelles en entreprise comme des trésors qui vont vous permettre de continuellement vous améliorer en équipe. Ce sont ces émotions qui vont vous permettre de travailler avec passion, pendant des heures avec des collègues avec qui vous vous sentez bien.

D’où vient cet inconfort ?

Avoir des réactions émotionnelles en entreprise peut être perçu comme un manque de maîtrise de soi, et être associé à un manque de professionnalisme. Certains peuvent voir ces émotions comme l’expression d’un problème ou d’une situation de conflit. Et pourtant ressentir une émotion est un mécanisme physiologique naturel qu’il faut écouter car bien souvent il révèle un besoin ou une situation à améliorer. Les émotions sont là pour vous permettre d’identifier ce qu’il faut faire évoluer (en bien) dans vos organisations et votre vie.

L’autre raison pour laquelle les émotions ne sont pas particulièrement appréciées en entreprise est qu’elles mettent en péril l’état actuel des choses. Elles poussent à identifier une situation, un processus, une méthode à faire évoluer (pour le mieux !) et naturellement les équipes préfèrent la stabilité.  L’émotion vient alors bouleverser la routine et les habitudes en obligeant l’équipe à travailler ou à améliorer la situation, ce qui peut rendre inconfortable par peur du changement à venir. En fait, aucun système ne devrait être statique en entreprise, d’ailleurs, le marché, l’économie, les technologies changent et vous comprenez que le mouvement il n’y a ça que vrai !

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Alors, ne soyez pas inconfortables avec les émotions et voyez-les plutôt comme une opportunité pour les managers de prendre conscience des difficultés au niveau de l’organisation.

Comment changer la situation ?

1. Avoir des émotions est utile

Les émotions sont des signaux importants connectés à vos besoins et à vos valeurs. Avoir des émotions est une bonne chose, cela vous permet de transformer les systèmes et processus pour le mieux.

L’astuce ici est de voir l’émotion que vous percevez comme un trésor à découvrir. Si vous voulez comprendre ce qu’est un trésor pour un gestionnaire, je vous encourage à aller écouter mon podcast et lire mon article sur le sujet.

2. Montrez l’exemple

Donc en tant que gestionnaire, n’ayez pas peur d’exprimer vos émotions et d’encourager le partage des émotions dans votre équipe. Si les émotions font partie de la culture de votre département, elles seront plus rapidement partagées et appréciées. Par conséquent, elles ne généreront plus d’inconfort, mais deviendront des sources d’écoute et d’apprentissage.

3. Identifiez-le lorsque vous partagez une émotion

Il n’est pas toujours facile de partager une émotion, surtout sur le moment. Elle pourrait être trop intense et ne pas sortir correctement. Afin d’éviter cette pression, l’idéal est de verbaliser.

Dites à vos collègues que vous avez une émotion, un ressenti que vous aimeriez partager, vous pouvez aussi utiliser le terme trésor tel que présentez plus haut. Cette approche vous offrira une meilleure écoute et un meilleur accueil qui aident énormément la communication.

Si à l’inverse vous tentez de camoufler une émotion, vos collègues vont rapidement percevoir que vous ne jouez pas franc-jeu. Et si vos collègues se rendent compte que vous ne leur dite pas ce que vous ressentez honnêtement, ils vont rapidement ne plus vous écouter. Alors, soyez honnête avec vous et avec les autres, n’hésitez pas à expliquer que l’idée que vous présentez est motivée par une émotion !

4. Partagez aussi les émotions positives

Les émotions ne sont pas forcément liées à un sentiment de malaise, parfois vous pouvez ressentir une émotion suite à une situation positive.

Par exemple, n’hésitez pas à dire que le travail de votre collègue vous met en confiance ou que vous êtes fière de votre équipe et qu’il est agréable de travailler avec eux. Il est dit que pour établir des relations saines, il est bien d’avoir un rapport de 5 pour 1, donc de partager 5 aspects positifs pour 1 négatif.

Ne partager que les émotions qui visent l’amélioration peut être drainant d’où l’importance de l’énergie positive pour être capable de repartir plus fort par la suite.

5. Faites la différence entre une réaction émotionnelle et le manque de respect

Il y a une différence importante entre être inconfortable avec l’idée d’un collègue et lui dire qu’il est incompétent ou incapable sous le couvert de l’émotion.

Si vous avez besoin de donner du feedback à un collègue sur ses méthodes de travail, ne le critiquez pas ouvertement, parlez-lui des éléments qu’il pourrait améliorer. Si vous sentez que l’émotion que cela génère chez vous est trop forte et que vous n’êtes pas capable de le faire calmement, prenez le temps d’y penser et de lui partager votre avis lorsque l’émotion sera moins forte.

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6. La limite à ne pas franchir

Lorsque vous souhaitez partager votre émotion, mais que vous sentez que votre pouls monte à plus de 100 pulsations par minute, idéalement prenez un peu de recul, prenez le temps de relaxer avant de partager votre trésor, il pourrait ne pas être clair. Dans le livre science of trust l’auteur John Gottman, explique lorsque notre pouls monte au-delà de 100 pulsations/minute, il est mieux de faire une pause de 10 min avant de relancer une discussion. Je suis consciente qu’il n’est pas toujours facile de prendre son pouls, surtout en plein cœur d’une discussion, mais bien souvent vous êtes en mesure de sentir que vous êtes tendu et que la discussion ne va pas se faire dans de bonnes conditions, dans ce cas là aussi, il faut verbaliser et ne pas hésiter à prendre un pas de recul.

Conclusion

Un bon gestionnaire va favoriser la communication et aider ses collègues à partager leurs émotions afin que chacun puisse en bénéficier et s’améliorer en équipe.

Être professionnel ne consiste pas à apprendre à devenir un robot, mais au contraire de tendre vers la meilleure version humaine de vous-même, avec vos besoins et vos valeurs.

Cultivez vos valeurs à travers vos émotions et le point positif est que la société d’aujourd’hui ne se limite plus à acheter des produits, mais tient aussi compte des valeurs de l’entreprise qui les fabrique alors, écoutez l’humain en vous et cultivez vos valeurs.

“The value of emotions comes from sharing them, not just having them. La valeur des émotions vient de leur partage, pas seulement de les avoir.” Simon Sinek

 

Références

https://fr.wikihow.com/%C3%AAtre-professionnel-au-travail

https://www.monster.ca/fr/conseil-carriere/article/10-facons-detre-professionnel-au-travail

https://theconversation.com/changer-de-regard-sur-les-emotions-en-entreprise-122149

 

Photo by Morning Brew on Unsplash

5 réponses

  1. Merci pour cet article intéressant.
    Je trouve ça très important de partager ses émotions avec les personnes qu’on côtoie tout les jours, mais faut-il encore que les autres soient prêts à écouter !
    À mon dernier poste, la situation s’est envenimée, et lorsque j’ai essayé de faire par de mes émotions, on m’a répondu “Passez à autre chose, c’est de votre faute, et surtout, remettez-vous à sourire !”.
    Pour que ça puisse fonctionner, je pense qu’il faut malheureusement que les deux côtés soient prêt à partager et écouter les émotions de l’autre pour que ça puisse fonctionner.

    1. Intéressant ton partage, tu sembles avoir observé le même défi. De se faire demander indirectement d’être un robot ! As-tu déjà fait partie d’une équipe qui partage régulièrement leur instinct et ressenti ? Je peux te dire qu’en tant que leader c’est leur meilleure équipe qui peut tout accomplir. Je me demande bien pourquoi on a donc tous peur de ce partage.

  2. Bonjour, en effet, j’ai toujours été assez dubitative de certaines grosses boîtes de management qui te demandent de venir travailler avec un “masque émotionnel”. Belle journée, merci pour ton article

  3. Une émotion est l’expression d’un ressenti personnel dans un contexte particulier. Elle a donc un caractère très individuel. Dans un contexte où la sociabilité est très forte, comme en entreprise, l’expression de cette émotion, bien souvent désagréable, n’est pas souhaitée car elle renvoie alors aux autres que quelque chose ne pas du point de vue de l’individu concerné. Or l’individuel n’a malheureusement pas de place ni droit d’expression dans une société où la normalisation et l’uniformisation sont la règle. Je pense par ailleurs que nos relations sociales souffrent beaucoup d’un manque d’empathie ou d’éducation à l’empathie et laisse de plus en plus de place, trop !, à des relations enclines à différents degrés de perversions.

    1. J’aime bien ton point sur l’individualisation, c’est une autre bonne raison pour quoi les émotions ne sont pas toujours les bienvenues. Plus on va apprendre l’empathie et plus je pense personnellement que l’on pourra innover et aller beaucoup plus loin en équipe.

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