
Vous êtes excellent dans votre travail. Vous l’avez d’ailleurs remarqué car on vient souvent vous voir pour des demandes spéciales ou pour effectuer des tâches en « extra ». Comme faire une analyse, rédiger un rapport pour le management, préparer une présentation ou développer de nouvelles procédures pour l’équipe. Vous avez les connaissances et le talent qui font que c’est toujours plus rapide et efficace de venir vous voir plutôt que résoudre soi-même les problèmes… Et si votre équipe est en sous-effectif, c’est encore pire car il y aura alors plus de demandes et de travail supplémentaire qui viendront s’ajouter à ce que vous devez déjà faire…
Mais comment exprimer son refus d’en faire plus, surtout lorsqu’on commence à atteindre sa limite ? Il faut apprendre à dire non sinon vous risquez de vous épuiser réellement !
Et lorsque l’on « pousse la machine » trop longtemps, on n’a pas le temps de recharger les batteries et le « burn out » risque de pointer le bout de son nez…
Voici donc quelques raisons pour vous aider à refuser du travail supplémentaire.
1. Signes que l’on en fait trop au travail
- Vous êtes fatigué le soir et les weekends. Il est impossible pour vous de faire de nouveaux projets personnels ou d’organiser des activités en famille.
- Il est très compliqué pour vous de vous accorder des pauses.
- Vous êtes incapable de « nettoyer » régulièrement votre liste d’emails. Si après une semaine vous n’avez pas réussi à prendre connaissance de vos courriels « non-lus », c’est que vous avez un souci avec la gestion du temps.
- Votre calendrier est déjà tellement rempli que vous n’avez pas de temps pour les surprises ou les imprévus : à terme, c’est invivable. Pour en savoir plus, je vous invite à lire mon guide d’une bonne répartition du temps
- Le soir, une fois que les enfants sont couchés, vous passez encore une heure à lire vos emails.
- …
Il existe plusieurs éléments qui montrent que l’on en fait trop, mais le signal le plus fort est que si vous vous posez la question, c’est que vous avez déjà commencé à ressentir de la fatigue !
Ce signe ne ment pas : vous devriez vraiment l’Ă©couter !
D’après mon expĂ©rience, si cette situation perdure plus d’un mois, c’est la limite maximale que l’on peut supporter sans trop de dĂ©gâts. Il est alors vraiment temps de poser des actes.
Faites attention car s’il est « ok » de courir et de faire des sprints de temps en temps, il ne faut pas que cela devienne « normal » et régulier. Les habitudes ont la vie dure, et ce qui est exceptionnel deviendra rapidement la norme pour vos supérieurs… si vous ne recadrez pas !
2. Signes que vous avez du temps pour accepter du travail supplémentaire
Ă€ l’inverse, il est possible que vous cherchiez des choses Ă faire Ă la fin de la semaine. Vous remplissez rĂ©gulièrement votre temps par de la lecture, des formations en ligne, ou encore vous avez toujours du temps pour ranger et organiser votre travail en dĂ©tail. Votre boite email n’est pas saturĂ©e et votre calendrier n’est pas plein Ă 100%. Si cette situation perdure plus d’un mois, c’est que votre charge de travail a vraiment diminuĂ© et que vous pouvez alors proposer de prendre plus de responsabilitĂ©s.
D’ailleurs, comment savez-vous que vous êtes disponible pour faire plus ?
Par exemple, votre boite mail est vide quotidiennement, vous avez le temps de prendre quelques petites pauses durant la journĂ©e, votre travail est fait Ă temps et au niveau de sa qualitĂ©, il n’y a rien Ă redire. Vous avez toujours une liste d’objectifs devant vous, avec des activitĂ©s et des projets d’amĂ©lioration pour vous aider vous et votre Ă©quipe Ă ĂŞtre plus efficace et faire moins d’erreurs. Vous sentez que vous progressez dans l’accomplissement de vos objectifs et qu’en gĂ©nĂ©ral, l’organisation du travail s’amĂ©liore.
3. Faire une analyse de la situation
Dans les deux cas vus ci-dessus, prenez le temps d’analyser la situation.
Regardez les 4 dernières semaines et essayez d’évaluer le temps passé à  :
- avancer vos projets
- répondre à des emails
- organiser des rencontres d’équipe
- rédiger des rapports
- aider un ou des collègues avec une tâche précise
- corriger le travail des autres ou un problème dans le système d’organisation
- vous former
- aller chercher de l’information pour effectuer votre travail
- développer des méthodes pour être encore plus efficace
- …
Ensuite, regardez en détail les pourcentages de temps passés par activité. Est-ce qu’il y a des activités qui vous semblent ne pas avoir de valeur ajoutée ?
Si vous êtes « sous-utilisé » dans votre travail, pensez à identifier ce qui pourrait être évité et qui n’aurait aucun impact puis identifiez le temps que vous avez de disponible. Selon le nombre d’heures de libre, 5h, 10h ou 20h, vous pourrez alors proposer de prendre des dossiers plus ou moins importants.
4. Passer à l’action
Si vous êtes sous-utilisé, dites « oui » au travail supplémentaire proposé.
Parfois, on est tentĂ© de dire « non » pour ne pas commencer quelque chose que l’on n’aime pas : c’est très comprĂ©hensible ! Il s’agit simplement de le signaler Ă son patron en disant : « Ça me fait plaisir d’aider l’équipe, mais s’il te plaĂ®t, prends note que ce n’est pas le genre de responsabilitĂ©s qui m’intĂ©ressent, je prĂ©fère ABC… ».
Si votre patron a justement un « ABC » à déléguer, il vous le proposera peut-être immédiatement. D’ailleurs, il est important d’avoir ce genre de conversation de manière régulière avec vos collègues et supérieurs en ce qui concerne vos préférences en matière de type de travail.
Si vous êtes à « 100% »
il est Ă©vident que vous devez ĂŞtre en mesure d’absorber, pour un temps court, une charge de travail supplĂ©mentaire pour rĂ©pondre, par exemple, Ă une Ă©chĂ©ance importante pour un client. Cependant, si ce n’est pas le cas, il faut apprendre Ă dire non : dire non est une vraie compĂ©tence. Car accepter systĂ©matiquement tout travail supplĂ©mentaire vous fera basculer vers la surcharge.
Si vous êtes surchargé
Parfois, une simple discussion avec son responsable peut aider à retrouver l’équilibre et éviter de se faire imposer un travail supplémentaire.
Lors de votre discussion avec votre supérieur, apportez votre analyse et pensez à :
- éliminer des activités.
- repousser des échéances, ce qui signifie « prioriser ».
- réduire les attentes ou le niveau de qualité attendu.
- aller chercher de l’aide.
Note : Dans votre analyse de surcharge, il y a potentiellement une opportunité de croissance pour l’équipe.
Par exemple, grâce Ă votre analyse, il serait Ă©ventuellement possible de dĂ©gager un nouveau poste dans votre dĂ©partement. Il y a plusieurs annĂ©es, lorsque j’étais ingĂ©nieure en R&D, j’ai identifiĂ© grâce Ă ma surcharge de travail, un poste de technicien en R&D. Je l’ai donc fait savoir et j’ai aidĂ© Ă rĂ©diger la description de poste : la personne qui a Ă©tĂ© recrutĂ©e dans l’équipe a adorĂ© son nouvel emploi. Je peux vous dire que la qualitĂ© de travail et l’efficacitĂ© globale de mon Ă©quipe ont Ă©tĂ© littĂ©ralement boostĂ©es !
Dans le cas oĂą l’on est dans une surcharge perpĂ©tuelle car vos managers n’arrivent pas Ă prioriser, Ă©liminer, repousser, rĂ©duire ou augmenter les effectifs, il faut alors passer en « mode respirateur ». C’est un peu comme si vous mettiez un masque pour forcer vos supĂ©rieurs Ă prendre des dĂ©cisions telles que celles prĂ©sentĂ©es plus haut, en disant « non » au travail supplĂ©mentaire.
5. Quand dire non au travail supplémentaire ?
Que vous soyez « sous chargé », en équilibre ou « surchargé », il y a quelques propositions de travaux supplémentaires que vous ne devez pas accepter.
1. Quand votre activité principale pourrait en souffrir
Identifier ce qui ne sera pas réalisé si vous effectuez ce travail supplémentaire.
Pour refuser, vous pourriez dire : « Si j’aide sur ce dossier, je laisse donc tomber … » ou « Si je fais ce travail supplémentaire, la qualité du résultat sur le projet ABC va en être affectée ou encore, je ne serai pas en mesure de remplir mes fonctions habituelles par rapport à ABC »
2. Quand il n’y a pas de stratĂ©gie de fin
Si le temps Ă accorder Ă la tâche supplĂ©mentaire semble trop long ou est mĂŞme indĂ©fini, essayez de dire : « Bien que je sois reconnaissant pour cette opportunitĂ©, je ne suis pas sĂ»r d’avoir la disponibilitĂ© suffisante pour atteindre cet objectif Ă long terme».
Vous pouvez Ă©galement proposer votre aide d’une manière plus modeste, comme assister Ă des rĂ©unions de brainstorming ou vous rendre disponible pour les autres, de manière très ponctuelle, afin de montrer que vous ĂŞtes pleinement intĂ©grĂ© Ă votre Ă©quipe.
3. Lorsque la demande est déraisonnable.
Si le délai est trop serré ou que la demande est tout simplement trop exigeante, tentez de jouer avec les trois éléments fondamentaux de la gestion de projet :
- le délai
- les ressources
- le scope
Par exemple : « Une analyse complète pour vendredi après-midi est impossible Ă faire, cependant, je peux remettre une première Ă©bauche» ou « Pour vendredi, ce n’est pas possible, mais je peux tout terminer d’ici mercredi après-midi».
Si vous n’arrivez pas à négocier les délais, les ressources ou le scope, il vous faudra donc obligatoirement avancer dans l’aventure et trouver des moments pour expliquer autrement les risques de ne pas pouvoir délivrer à temps le travail demandé avec un bon niveau de qualité.
Pour vous protéger de la surcharge par rapport à une demande déraisonnable, il faut :
- Être discipliné et ne pas enchaîner des heures et des heures de travail supplémentaire
- Prendre régulièrement des pauses
- Apprendre à vivre le moment présent au travail
- Déconnecter après le travail
- Développer une gestion efficace et une bonne communication autour des risques
- Faire des retours réguliers à son responsable pour l’aider à ajuster les délais, les ressources, et le scope.
Conclusion
Pour terminer, lorsque l’on vous propose un travail supplĂ©mentaire Ă effectuer, il est important de prendre plusieurs Ă©lĂ©ments en considĂ©ration, comme nous l’avons vu dans cet article. Et ne pas dire « oui » systĂ©matiquement, car il y aura des consĂ©quences parfois nĂ©gatives que vous ne percevez peut-ĂŞtre pas sur le moment !
Photo de Simon Abrams sur Unsplash


