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Connaissez-vous vos biais naturels en gestion d’équipe ?

Biais en gestion

Choisir le bon angle d’attaque pour aider votre équipe à atteindre ses objectifs n’est pas toujours facile encore plus avec les biais naturels que nous avons et qui influencent nos décisions.

Ces biais sont issus de votre personnalité, de vos valeurs, de vos capacités, de votre expérience. Malgré ces biais, il ne faut pas oublier de prendre en considération les besoins et les préférences de votre équipe, la culture de votre entreprise et celle de votre industrie. Avez-vous déjà réfléchi à vos tendances naturelles ? Connaissez-vous vos biais ? Tout le monde a des biais, mais les connaitre peut vous aider à être mieux dans votre emploi. Voici notamment des dualités que vous rencontrerez dans un poste de gestionnaire et les approches que vous pourrez favoriser selon la situation dans laquelle vous vous trouverez.

Les différentes dualités

La transparence ou la confidentialité

Le défi de cette dualité est de déterminer le niveau de transparence et de confidentialité que vous voulez partager avec votre équipe. Êtes-vous plutôt de type transparent ou secret ? Prenez-vous le temps de réfléchir aux informations qu’il serait bénéfique de partager avec votre équipe et aux avantages que cela pourrait avoir ? Suivez-vous plutôt la règle du « need-to-know basis » c’est-à-dire que vous ne leur communiquez que les faits qu’ils doivent savoir au moment où ils doivent les savoir, et rien de plus ? Si vous optez pour la transparence, cela vous amènera à partager des aspects tels que :

  • Votre vulnérabilité et vos limites dans le projet ;
  • Les éléments pris en compte et la logique derrière chaque prise de décision importante ;
  • Les détails pertinents pour votre équipe, comme la position de l’entreprise et de l’industrie sur certains sujets, l’avancement des travaux ou même les réalisations des autres équipes.

Il est toutefois impossible de tout partager, car certaines informations peuvent être confidentielles. Vous devez donc évaluer ce que vous pouvez dire pour être le plus transparent possible sans mettre en péril le projet ou sa confidentialité.

Être transparent sur votre propre vulnérabilité peut être déstabilisant, mais ce type de partage peut être très bénéfique et favoriser un climat de confiance.
Si vous n’êtes pas convaincu que la transparence soit une bonne option, vous pouvez découvrir tous ses avantages dans l’article suivant : comment être un gestionnaire transparent ?

Collaborer ou imposer

Lors de vos interactions avec votre équipe, quel type de collaboration préférez-vous le plus souvent ? Lorsque vous définissez des objectifs ou la structure de votre équipe, travaillez-vous généralement seul ou avec les membres de l’équipe ? Et lorsque vous prenez des décisions, identifiez une solution, ou définissez les responsabilités, comment fonctionnez-vous ? Êtes-vous plutôt du genre à :

  • Écoutez le point de vue des membres de l’équipe pour ensuite concevoir vous-même la solution ?
  • Travaillez avec votre équipe sur une solution, mais vous prenez la décision finale ?
  • Laissez toute la liberté à votre équipe ?
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En tant que gestionnaire, il vous revient bien évidemment de choisir l’approche que vous souhaitez mettre en place. Et vous n’allez pas forcément choisir la même approche dans toutes les situations. Elle peut être différente et évoluer selon le type de projet, le degré de maturité de votre équipe, votre niveau de responsabilité ou la taille de votre équipe. Mais l’équipe doit néanmoins ressentir qu’elle est impliquée et écoutée, le plus possible, afin de rester motivée.

L’analyse ou l’intuition

Lors du lancement d’un projet, ou même au cours des projets, préférez-vous utiliser votre intuition ou plutôt procéder à une longue analyse avant de vous lancer ? Êtes-vous du genre à :

  • Demander régulièrement à votre équipe de longs rapports avec beaucoup de détails avant de prendre des décisions ?
  • Avoir besoin d’une justification détaillée pour chaque décision prise par les membres de votre équipe ?
  • Faire confiance à votre instinct ou à celui des autres ?

Selon les situations, l’analyse peut, ou non, être nécessaire. Cela dépend de l’enjeu, des risques encourus, de vos incertitudes et de l’effet que peut avoir votre décision sur les résultats.

Quelle que soit la dualité, c’est vous qui prenez la décision finale puisque vous êtes le gestionnaire. Mais que vous décidiez de suivre votre instinct malgré l’évaluation effectuée ou les recommandations de votre équipe, ou que vous décidiez de ne prendre aucune décision sans avoir évalué toutes les données, rappelez-vous qu’en gestion, le risque zéro n’existe pas. Aucune solution n’est parfaite. Dans le cas de cette dualité, vous devrez parfois vous fier à votre instinct et parfois vous appuyer sur de solides analyses.

L’organisation ou l’improvisation

Dans la même lignée que la dualité précédente, avez-vous tendance à être organisé ou êtes-vous plutôt du genre à laisser place à l’improvisation dans la gestion de vos projets ou dans la prise de décision ?

Vous êtes plutôt organisé si vous :

  • êtes structuré dans votre travail, par exemple vous établissez des systèmes, des processus et des procédures ;
  • fixez des objectifs qui incluent des échéanciers et des budgets ;
  • possédez un agenda et une liste des choses à faire ;
  • établissez un plan de communication.

Vous êtes plutôt du type à improviser si vous :

  • avez peu ou pas de structure dans votre travail ;
  • suivez peu ou pas la structure et le plan que vous avez développés, bien que vous ayez mis tout en place pour vous organiser ;
  • suivez votre humeur du moment pour décider de la prochaine étape.

Comme pour toutes les dualités, rien n’est jamais tout noir ou tout blanc. Il n’y a pas de profil meilleur que l’autre, être entre les deux peut même être intéressant. Si vous avez envie d’apprendre comment utiliser le meilleur des deux mondes et développer une méthode de travail hybride (organisée ou improvisée), allez lire l’article Choisir entre l’improvisation et la planification.

L’aspect humain ou l’aspect financier

Pour finir, lors de vos prises de décision ou au cours d’un projet, favorisez-vous plutôt l’aspect humain ou le retour sur investissement ?

Vous priorisez les personnes si vous :

  • considérez les besoins et le bien-être de votre équipe dans vos prises de décision plutôt que d’attendre qu’ils acceptent la situation et s’adaptent ;
  • prenez le temps de savoir ce que votre équipe veut. Connaissez-vous les besoins en développement personnel de votre équipe ? Savez-vous ce qu’ils aiment au travail, ce qu’ils aimeraient développer en cours d’année, etc. ;
  • utilisez des éléments qui visent l’humain ou la protection de l’environnement dans vos processus d’évaluation.
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Vous priorisez plutôt l’aspect financier si vous :

  • envisagez facilement les coupures de postes comme une façon pour vous de rentabiliser vos projets ;
  • attendez les rencontres annuelles imposées par les ressources humaines pour vous demander quels sont les besoins en développement personnel de votre équipe ;
  • considérez que seul ce qui est économiquement calculable a de la valeur dans vos processus d’évaluation.

Bien entendu, l’entreprise est une structure qui doit être économiquement viable. Il est donc impossible de faire abstraction de l’aspect financier, cependant, rien ne vous empêche d’inclure l’aspect humain dans vos décisions pour atteindre vos objectifs.

Si, pour cette dualité, vous souhaitez également avoir le meilleur des deux mondes, consultez l’article suivant : comment développer la culture de son département ?

Quelques exercices pratiques

Pour vous développer et savoir mieux gérer toutes ces dualités de gestion, vous pouvez effectuer les exercices suivants :

  • Prenez le temps de regarder si vous avez une tendance naturelle pour chacune des dualités de gestion.
  • Observez vos collègues et demandez-vous quelle est leur tendance naturelle.
  • Prenez conscience des tendances de votre entreprise (dans ses valeurs et dans ses modes de gestion).
  • Pour finir, cherchez s’il existe des tendances naturelles dans l’industrie dans laquelle vous travaillez.

Vos tendances naturelles sont elles en symbiose avec les tendances de votre environnement ? Si ce n’est pas le cas, possédez-vous l’énergie nécessaire pour aller à contre-courant ? Pour le savoir et déterminer où vous vous situez, consultez l’article Être dans la norme et changer la norme.

Aller à l’encontre de votre tendance naturelle peut vous réserver de belles surprises et il est toujours bon de savoir s’adapter en fonction de la situation et des besoins. Cependant, si votre approche est régulièrement en opposition avec la tendance des autres gestionnaires de votre entreprise, surtout ceux de votre division, cela va vous demander plus d’énergie pour maintenir votre différence ou, au contraire, pour vous ajuster à la tendance en place. Dans ce cas, peut-être devriez-vous faire évoluer votre carrière pour aller vers des postes plus en adéquation avec votre tendance naturelle.

Des règles qui ne sont pas absolues

En lisant cet article, vous pouvez constater qu’en gestion, il n’existe pas de règles absolues. À vos biais naturels, il faut ajouter les tendances propres à chaque pays, industrie ou entreprise. Selon ces tendances, vous serez amené à favoriser l’un ou l’autre des angles de gestion dans vos prises de décision et dans la gestion de vos projets. Ce sont justement ces dualités qui composent votre style de gestion !

Photo by Loïc Leray on Unsplash

7 réponses

  1. Sabine R dit :

    Merci pour cet article ô combien stimulant. Je vais faire l’exercice dès demain !
    Merci pour ces dualités proposées et clairement expliquées

  2. Merci pr cet article très intéressant avec plusieurs méthodologies ! 🙂

  3. Merci pour cette perspective intéressante. L’enjeu est parfois de savoir dissoudre les dualités en nous.

    1. Isabelle dit :

      tout à fait c’est toujours à résoudre en nous.

  4. Approche intéressante sur la dualité dans ce domaine.

    1. Isabelle dit :

      merci, c’est une création de toute pièce pour aider à nous faire réfléchir sur nous-mêmes en tant que gestionnaire. C’est le genre d’outils que je vais partager dans le livre que j’écris et qui sortira cette année.

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